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Loi pénitentiaire - un service minimum garanti ? Avant et après quoi ?

Communiqué de presse   •   mar 15, 2019 12:07 CET

Bruxelles, le 15 mars 2019

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Funeste journée que ce jeudi 14 mars 2019, jour où le parlement a voté la loi pénitentiaire, qui contient des dispositions instaurant un service minimum.

Tous les membres du gouvernement actuel ont voté en faveur de cette loi, rejoints par la NVA, ce qui n’est pas une surprise, mais aussi par Ecolo-Groen et le CDH !

Cela ne figure-t-il pas d’une future coalition (MR, CDH, Ecolo, VLD, CDNV, Groen …et NVA), cela promet !

Pour justifier de sa position en faveur de cette loi, Ecolo-Groen avance l’argument suivant : « Nous respectons le droit de grève, mais nous respectons aussi les droits des détenus lors d’une grève ».

C’est un argument respectable … dans la mesure où on ne se contente pas de défendre les droits des détenus uniquement en période de grève. Qu’en est-il alors lorsqu’il n’y a pas de grève ? Doit-on considérer que les droits des détenus ont une moindre valeur en dehors des périodes de grève ? Quels sont leurs droits quand on connaît l’état de vétusté de nos prisons, et plus particulièrement l’état de leur cellule, le niveau de nos cadres de surveillance, mais aussi ceux des assistants sociaux, des psychologues, des infirmiers, … qui sont loin d’être complets. Compte tenu de ces défaillances, le bien-être des détenus, mis en avant pour justifier cette loi, n’est pas suffisamment garanti, même en dehors d’une période de grève !

Les explications du Ministre sur le comblement des cadres restent très théoriques… Ces cadres ont déjà été diminués de manière drastique (rationalisation), et le pourcentage de comblement de ces cadres ne tient pas compte des absences des membres du personnel (le travail au sein des établissements pénitentiaires est un milieu « à risques »), …

Et pour résoudre ce manque de personnel… le Ministre propose d’engager des travailleurs dans le cadre de conventions de premier emploi.

Le manque de personnel pèse lourdement non seulement sur les membres du personnel (impossibilité de prendre des congés par exemple) mais aussi sur les détenus (les soins de santé de même que l’accompagnement psycho-social).

Nous ne pouvons accepter ce texte alors même que l’Autorité n’a pas respecté les protocoles 436 et 464.

La surpopulation n’a pas été réglée, la charge de travail au lieu de diminuer n’a fait qu’augmenter (suite à la rationalisation) et la vétusté des établissements pénitentiaires ne cesse de s’aggraver.

Les cadres, tous les cadres, n’ont pas été comblés alors même qu’ils sont insuffisants.

Bref le gouvernement de droite avec la complicité d’Ecolo-Groen préfère ignorer les appels du personnel pénitentiaire qui réclame des conditions de travail normales et des conditions de détention humaines tout le temps et pas seulement en temps de grève.

Le personnel demande des moyens humains et matériels qui permettraient d’atteindre l’objectif pour en finir une fois pour toute avec la surpopulation et qui permettrait aussi de réduire le taux de récidive.

Alors Mesdames et Messieurs, lors des négociations en vue de constituer le futur gouvernement, il faudra espérer qu’une attention toute particulière sera accordée à la justice et aux établissements pénitentiaires en particulier, au lieu de se focaliser uniquement sur le service minimum.

On ne peut que remercier le SPA, le PS et le PTB qui n’ont pas voté en faveur de ce service minimum. Ces partis démocratiques de gauche ont bien compris qu’opposer le droit de grève aux droits minimaux des détenus n’avait aucun sens et que le personnel pénitentiaire ne faisait grève depuis plusieurs décennies que pour améliorer les conditions de travail et de détention.

● Personne de contact ➔ Michel JACOBS : 0473/65 54 03

Le syndicalisme est un outil essentiel pour assurer l’émancipation sociale de l’ensemble de la population et plus particulièrement des travailleurs. Pour ce faire, l’organisation syndicale se doit de former ses affiliés et d’informer l’ensemble des travailleurs. Le syndicalisme doit être un outil d’analyse, de revendications et de combat.

L’IRW CGSP inscrit son action syndicale dans la double volonté d’œuvrer quotidiennement tant à l’amélioration directe des conditions de vie des travailleurs, avec ou sans emploi, qu’à la réalisation de son projet de transformation sociale.

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