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La CGSP AMIO est en colère sur la gestion du SPW

Communiqué de presse   •   juil 08, 2020 12:32 CEST

La CGSP AMIO est en colère sur la gestion du SPW.

1.Le renouvellement des mandats :

Alors que les trois syndicats de la fonction publique avaient déposé un préavis de grève au sein du SPW EER ( anciennement DGO6);

Alors que le Gouvernement wallon avait suspendu la Directrice générale des négociations concernant le déménagement de son administration ;

Alors que cette même directrice générale en suite de ses décisions unilatérales non concertées, a transformé une administration efficace, appréciée tant de l’UWE que de l’UCM, en une véritable pétaudière ;

Le Gouvernement wallon a décidé, la bouche en cœur, de mandater ladite Directrice générale.

Pour la CGSP, le message reçu claque comme une gifle à son égard et méprise le « bon climat social » cher à la Déclaration de Politique Régionale.

2.Les plans de personnels :

Une concertation sociale de pure forme. Les mandataires ont décidé de ne pas donner l’ensemble des documents nécessaires à la concertation des plans de personnel, ne permettant pas un réel dialogue social.

De plus, les plans de personnel de 2020 fixaient un taux de remplacement à 100 %, ce qui était du jamais vu depuis 10 ans au sein de la fonction publique wallonne. Ce taux était le résultat de nombreuses demandes des organisations syndicales sur les manques de personnel des administrations wallonnes. Malheureusement, suite aux visions managériales des mandataires, le taux effectif de remplacement est largement inférieur au 100%, même si la présentation semble montrer le contraire grâce à des reliquats d’années antérieures

La plupart des futurs recrutements sont liés à une idéologie managériale plutôt qu’aux besoins réels en personnel de leurs administrations.

D’autre part, la CGSP constate, que le rôle d’ascenseur social, qui est une mission fondamentale de la fonction publique, disparait.

Enfin, les plans de personnel continuent de montrer que suite à la suppression des services continus, l’augmentation de la subsidiarité (les privatisations de missions publiques via des marchés publics) non seulement privent des demandeurs d’emploi d’accéder à l’emploi public mais également plombent les finances publiques.

3.La manipulation et la contrainte.

Lors de la crise sanitaire que nous venons de vivre, le management a réalisé une enquête sur le bien-être en télétravail en pleine période de confinement.

Non seulement cette enquête n’a jamais été concertée mais elle a été réalisée au moment où la peur était à son paroxysme. Les managers ont juré que le rôle de cette enquête n’était que de prévoir le déconfinement. Force est de constater que cette enquête a été utilisée par le management pour obtenir du gouvernement une révision de l’arrêté « télétravail » mais aussi pour infléchir la politique immobilière de la Région wallonne.

Alors que les fonctionnaires wallons ont été exemplaires en cette période de crise en assurant la continuité du service public, le management a essayé de « chipoter » les congés payés en faisant pression sur les travailleurs.

4.En conclusion :

Pour toutes ces raisons, la CGSP aurait dû déposer un préavis de grève au sein du SPW.

Vu la période sanitaire que nous connaissons et vu le rôle essentiel que joue la fonction publique tant dans la gestion de la crise que dans le futur plan de relance, la CGSP a décidé d’être responsable et d’interpeller le Gouvernement wallon.

La revendication de la CGSP est de demander la fin des mandats et le retour à une vrai fonction publique.

Depuis 2008, la gestion par les mandataires du SPW n’a été qu’une longue procession de coûts supplémentaires. En commençant par l’indemnité de mandataire, par l’accompagnement de tout projet de modernisation par des consultants privés aux tarifs prohibitifs, par l’augmentation de l’externalisation des missions de service public et surtout, par la création des contrats d’administration qui privilégient des objectifs à orientation de rendement « client » au détriment de missions toutes aussi importantes pour d’autres usagers.

Nous sommes clairement dans un management « cosmétique » qui oublie la vraie fonction de l’Administration, un service égalitaire pour tous les citoyens.

Le lien entre la durée du mandat d’un mandataire avec le mandat de législature a entrainé une politisation accrue de l’administration. Nous sommes passés d’une administration gérée par des fonctionnaires qui étaient détachés dans des cabinets pour leurs capacités et qui ensuite par leur travail devenaient des fonctionnaires généraux, à une administration gérée par des politiques pendant une durée politique.

Le statut Camu qui visait la dépolitisation de la fonction publique est mort en Région wallonne suite à l’arrivée des mandataires, plus engagés dans le renouvellement de leur mandat et dans les avantages que leur offre leur fonction que dans une vision de service public. Et cela n’est pas une question de personne, mais du statut de ces personnes !

Pour cela, la CGSP a demandé à rencontrer le Gouvernement wallon pour leur remettre deux livres.

Cette rencontre est prévue ce jeudi 9 juillet 2020 à 9h15 à l’Elysette.

Le premier livre est « Libre d’Obéir » de Johan Chapoutot. Ce livre décrit le management du nazisme à aujourd’hui. C’est un essai publié chez Gallimard. Certaines phrases des années 30 glacent à la lecture quant à leurs temporalités.

Le second livre est « En finir avec le New Public Management » de Nicolas Matyjasik et Marcel Guenoun. Ce livre est à la fois un constat et une espérance pour une fonction publique égalitaire pour l’ensemble des citoyens. Ce livre est publié par le « Comité pour l’histoire économique et financière de la France ». C’est un message d’espoir pour sortir la fonction publique de la quantophrénie.

Avec ces deux livres, la CGSP espère que la demande de mettre fin à cette politique de « mandats » sera entendue.

Tous les hommes politiques ont dit que suite à la crise sanitaire la société devait changer. Au-delà des mots, la CGSP proposera des actes, celui-ci est le premier.

Comme le dit Nicolas Matyjasik dans le Nouvel Observateur du 7 mai 2020 :

« Le chiffre prétendu neutre et apolitique a gagné : les tableaux Excel débordant d’indicateurs de rentabilité colonisent la moindre parcelle de leur existence : mesurer, contrôler, évaluer, rationaliser. La langue gestionnaire de l’entreprise embrasse tous les secteurs d’activité. Un anglicisme est même né pour qualifier ce mouvement qui s’étend aux administrations : le New Public Management ou l’art néolibéral de démanteler l’État. Le juriste et professeur au Collège de France Alain Supiot l’a bien décrit : « Dans un tel monde, le gouvernement par les lois cède la place à la gouvernance par les nombres ».


L’IRW CGSP inscrit son action syndicale dans la double volonté d’œuvrer quotidiennement tant à l’amélioration directe des conditions de vie des travailleurs, avec ou sans emploi, qu’à la réalisation de son projet de transformation sociale.

Le syndicalisme est un outil essentiel pour assurer l’émancipation sociale de l’ensemble de la population et plus particulièrement des travailleurs. Pour ce faire, l’organisation syndicale se doit de former ses affiliés et d’informer l’ensemble des travailleurs. Le syndicalisme doit être un outil d’analyse, de revendications et de combat.

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