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CGSP AMIO : les règles en matière de santé pour les visiteurs des maisons de repos résidentiels sont plus strictes que dans les prisons !

Communiqué de presse   •   mai 22, 2020 11:24 CEST

Redémarrage de visites en prison pendant la stratégie de sortie ... les règles en matière de santé pour les visiteurs des maisons de repos résidentiels sont plus strictes que dans les prisons !

Dans les prisons, on veut relancer les visites aux détenus à partir du 25 mai 2020, suite à la décision du Conseil de sécurité de l'autoriser également dans les maisons de repos. La CGSP comprend cette décision, car dans les prisons, le personnel travaille aussi avec des personnes. Cependant, nous nous posons de sérieuses questions sur la manière dont ces visites sont organisées ainsi que, sur le calendrier, très court, que le Ministre de la Justice s'est imposé en faisant des déclarations dans la presse avant même que les consultations sociales ne permettent de déterminer si la méthode de travail et le calendrier sont réalistes. À notre avis, l'objectif commun devrait être que le nombre de personnes infectées par le Covid-19 dans les établissements reste minime et que le taux d'absentéisme, qui a évolué favorablement, n'augmente pas à nouveau. Nous ne voulons pas non plus voir des membres du personnel se retrouver en quarantaine préventive parce qu'ils ont eu un contact (présumé) avec un visiteur (présumé) infecté (suite à la mise en œuvre du traçage des malades COVID-19). Après tout, le personnel pénitentiaire est le seul du gouvernement fédéral (!) qui risque de perdre une partie de son salaire, car cette quarantaine préventive est imposée par l'employeur, mais est déduite des jours de maladie du membre du personnel.

Les visites ne peuvent se faire que sur rendez-vous et, comme dans les centres de soins résidentiels, il ne peut y avoir qu’un visiteur par détenu par visite. Cependant, il existe des différences importantes qui, selon la CGSP, mettent en danger la santé et la sécurité du personnel, du détenu et des visiteurs :

- contrairement aux maisons de repos, il ne s'agit pas toujours du même visiteur et même le maximum légal de 4 personnes pouvant être admis dans la « bulle personnelle » n'est pas respecté ;

- les visiteurs doivent seulement déclarer verbalement qu'ils n'ont pas été malades au cours des deux dernières semaines, il n'y a pas de contrôle de la température corporelle avant la visite et le fait d’avoir eu dans ces 14 jours un des symptômes (externes) de Covid-19 n’exclut pas le visiteur ;

- les visiteurs et les détenus n'ont pas à signer un document attestant qu'ils respecteront les règles de conduite concernant la distance sociale, et les conséquences des violations (exclusion des visites) sont tout sauf claires ;

- malgré l'avis négatif du service de prévention et de protection, les visiteurs seront autorisés à se déplacer dans la salle de visite pour utiliser les toilettes pendant la visite ;

La CGSP s'inquiète également de l'aménagement de la salle de visite. Afin d'éviter tout contact physique entre le détenu et le visiteur, une cloison en plexiglas sera installée sur les tables et les différentes tables seront placées à 2 mètres l'une de l'autre. Toutefois, aucune séparation n'est prévue sous les tables, ce qui permet quand même le contact. En outre, les visiteurs devront se munir d'un masque buccal personnel, tandis que pour des raisons d'hygiène, le personnel sera obligé de travailler avec un masque produit par les établissements pénitentiaires eux-mêmes, dont le tissu est certifié. Nous pensons que les visiteurs devraient être munis d'un masque buccal par les établissements pénitentiaires pour la durée de la visite, tout comme les autres personnes extérieures.

Nous avons demandé au directeur général et au cabinet de la justice le 19 mai 20 lors de la concertation sociale (demandée par la CGSP) de définir un cadre général dans lequel le travail peut être effectué en toute sécurité, et qu'avant la reprise des visites, le comité local de prévention et de protection constate que ce cadre général est respecté dans chaque établissement. L'exemple de la prison de Bruges, où, contrairement aux instructions du directeur général, il a été annoncé aux détenus qu'ils (et leur visiteur) pouvaient enlever leur masque une fois assis à la table des visites, montre que cela n'a pas été demandé sans raison. Il existe des établissements où les cloisons en plexiglas n'ont pas (encore) été installées ou sont présentes, mais la volonté du Ministre prime apparemment sur la loi sur le bien-être (du personnel) et donc le directeur général oblige de recommencer les visites ce 25 mai 20.

Nous ne pouvons absolument pas être d'accord avec un fonctionnement qui ignore un certain degré de prudence hygiénique et le cadre juridique existant. C'est précisément la raison pour laquelle, le 19 mai 2020, nous avons fait des commentaires aux autorités et leur avons demandé d'apporter les corrections nécessaires à l'organisation des visites dans les prisons, afin qu'elles soient conformes, au minimum, aux conditions qui s'appliquent également dans les maisons de repos. Ces commentaires n'ont pas été retenus et nous sommes donc contraints de déposer un préavis de grève pour toutes les prisons Belges. Qu'il soit bien clair que ce n'est absolument pas à cause de la reprise des visites, mais bien parce que le personnel pénitentiaire (et ses proches) est contraint de s’exposer à des risques graves et immédiats qui auraient pu êtres évités si l’autorité n’avait pas décidé d’imposer, depuis Bruxelles, une méthode de travail aux établissements pénitentiaires.


L’IRW CGSP inscrit son action syndicale dans la double volonté d’œuvrer quotidiennement tant à l’amélioration directe des conditions de vie des travailleurs, avec ou sans emploi, qu’à la réalisation de son projet de transformation sociale.

Le syndicalisme est un outil essentiel pour assurer l’émancipation sociale de l’ensemble de la population et plus particulièrement des travailleurs. Pour ce faire, l’organisation syndicale se doit de former ses affiliés et d’informer l’ensemble des travailleurs. Le syndicalisme doit être un outil d’analyse, de revendications et de combat.

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